Bonjour à tous, j’ai décidé de laisser la parole à C., amie de la famille et personnel administratif à l’hôpital Bicêtre.
1) Pouvez-vous nous présenter votre service et en quoi consiste votre travail ?
C. : Je suis assistante médico-administrative dans le service réanimation médicale adulte de l’hôpital Bicêtre. Le service compte 15 lits de réanimation et 10 lits de surveillance continue médicale. La réanimation accueille des personnes qui ont une ou plusieurs défaillances d’organes vitaux ou qui ont besoin d’une assistance respiratoire. L’unité de surveillance continue médicale accueille des patients qui sont déjà hospitalisés dans l’hôpital mais dont l’état s’aggrave : il faut donc les surveiller de près pour suivre l’évolution de leur maladie.
Mon travail consiste en grande partie en du secrétariat médical : comptes-rendus d’hospitalisation, tenue et suivi du dossier médical des patients et autres tâches administratives pour le service (accueil téléphonique, courrier, planning, commandes…)
2) Qu’est-ce qui a changé avec le COVID-19 ?
C. : Le premier changement dans notre service avec la crise sanitaire a été de transformer les 10 lits de surveillance continue en des lits de réanimation : il a donc fallu augmenter le nombre de médecins et personnels soignants pour s’occuper des patients graves.
Ensuite, des procédures de protection très strictes ont été mises en place et en ce qui me concerne : port du masque en permanence, interdiction au personnel administratif d’entrer dans les secteurs d’hospitalisation, lavage des mains très fréquent avec solution hydro-alcoolique, désinfection des poignées de portes, claviers d’ordinateur et souris avec des lingettes désinfectantes. Les visites des familles ont aussi été interdites pour protéger les patients et le personnel médical et paramédical.
3) Continuez-vous à travailler ? Dans quelles conditions ?
C. : Oui, je continue à travailler mais pour éviter d’être plusieurs au secrétariat, nous avons opté pour alterner le travail physique (sur place) et le télétravail.
Quand ma collègue est en télétravail, je suis au bureau et inversement, un jour sur deux.
Nous devons porter notre blouse et notre masque en permanence, le nombre de personnes en salle de réunion et salle de repos est limité et lorsque l’on prend nos repas, on doit respecter 1 mètre de distance entre les uns et les autres pour éviter une contamination éventuelle du personnel.
Nous manquons de matériel ou bien nous devons les économiser, comme par exemple : les masques, les sur-blouses qui protègent des projections, les charlottes qui protègent les cheveux.
4) Comment se sentent les personnels soignants ?
C. : Les médecins et le personnel soignant sont très fatigués, ils reviennent parfois travailler sur leurs jours de repos pour renforcer les équipes.
Ils ont peur de tomber malade mais savent qu’avec les protections à leur disposition, cela ne devrait pas arriver. Ils ont aussi peur de ramener le virus à la maison donc ils se douchent avant de partir et se changent entièrement pour leur retour à la maison.
Mais, ils sont surtout tristes pour les patients qui sont très faibles, pour les familles qui ne peuvent pas accompagner les malades et malheureusement pour les personnes qu’ils ne peuvent pas soigner.
5) Avez-vous développé ou lancé des initiatives au sein du service pour faire face et garder le moral ?
C. : Heureusement ! Beaucoup d’initiatives sont venues de l’extérieur : des dons de nourriture de la part des restaurateurs, des dons de crèmes pour les mains qui sont abîmées par les solutions hydro-alcooliques, etc…
De notre côté, la psychologue du service a augmenté son temps de présence dans le service, aussi bien pour le personnel que pour les familles des patients, elle les appelle tous les jours pour donner des nouvelles.
Nous avons également demandé aux enfants du personnel ou de leur entourage s’ils voulaient faire des dessins ou des textes pour soutenir les soignants et les dessins sont affichés dans la salle de repos pour égayer le quotidien pas toujours rose.
Le service douleur propose également des massages aux soignants pour les soulager des tensions physiques.
6) Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à nos lecteurs pour lutter efficacement contre le COVID-19 ?
C. : La distanciation sociale reste le principal moyen de lutte contre le Covid-19, restez chez vous et limitez vos sorties même pour les courses, ne sortez pas tous les jours. Les gestes barrières sont très importants, on n’oublie donc pas de se laver régulièrement les mains au savon ou au gel hydro-alcoolique !
Si vous sortez, gardez bien 1 m de distance avec les autres personnes lorsque vous les croisez ou dans les files d’attente.
Si vous possédez un masque, même en tissu, utilisez-le lors des sorties ou si vous êtes susceptible de rencontrer des gens.
Attention ! Les gants ne servent à rien à part propager le virus mais aussi les microbes et bactéries d’un endroit à un autre.
7) Avec votre expérience et connaissance du milieu hospitalier, souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
C. : Il faut vraiment respecter le confinement pour que le nombre de contaminés diminue et ainsi éviter que les hôpitaux soient saturés.
Lorsque le déconfinement aura lieu, il faudra également bien respecter les règles et éviter les contacts trop rapprochés avec les autres, même avec les camarades de classe et ceci pour éviter une 2ème vague du virus. Si tout le monde fait attention, tout ira mieux plus rapidement.
Pour plus d’informations, vous trouverez ci-dessous le lien vers l’interview de notre chef de service, cadre et psychologue du service sur BFMTV :
Merci beaucoup C. pour cette interview très complète et un grand MERCI à tous les personnels de l’hôpital !

Interview menée par I.